Le budget voiture est l’un des postes de dépense les plus lourds pour beaucoup de foyers. Et pourtant, une partie non négligeable de la facture ne vient pas seulement du modèle choisi… mais du mode de financement (LLD, LOA, crédit) et surtout de la manière dont le “coût” est calculé.
Dans une vidéo très pédagogique, Dougs (Patrick Maurice, expert-comptable) explique pourquoi les “petites mensualités” peuvent revenir très cher, et propose une approche simple : raisonner en coût final plutôt qu’en loyer mensuel. Cet article reprend les points clés (avec les chiffres cités dans la vidéo) et les transforme en méthode concrète.
1) Le piège : raisonner uniquement en “mensualité”
Le message central est simple : une mensualité ne veut rien dire toute seule. Ce qui compte, c’est le coût final sur la durée d’utilisation, en prenant en compte ce qui est payé… et ce qui est récupéré (par exemple à la revente si la voiture vous appartient).
Deux offres peuvent afficher des mensualités très différentes, mais au final coûter presque pareil — ou au contraire, l’une peut être beaucoup plus chère que l’autre une fois tout additionné.
2) LLD : pratique, mais vous financez surtout la décote (et vous ne possédez rien)
La LLD (Location Longue Durée) est souvent présentée comme une solution “simple” : une mensualité, une durée, un kilométrage, parfois de l’entretien inclus. Mais l’idée mise en avant par Dougs est la suivante : on paye surtout la décote anticipée, la marge, le risque kilométrique… et on rend la voiture à la fin.
Exemple cité (Clio 5 hybride) : prix catalogue 26 000 €, LLD à 376 €/mois sur 36 mois, total payé 13 912 €. À la fin, la voiture est rendue : vous ne possédez rien.
Dans cette logique, cela peut vite devenir un “abonnement” : tous les 3 ans, on repart de zéro et on recommence.
3) LOA : l’illusion du choix… avec une option d’achat souvent trop élevée
La LOA (Location avec Option d’Achat) ajoute une promesse : “vous pourrez racheter la voiture”. Sur le papier, c’est rassurant. Mais le point critique expliqué dans la vidéo : la valeur de rachat est souvent fixée haut, ce qui rend l’option peu intéressante.
Exemple cité (même Clio 5 hybride) : LOA à 448 €/mois sur 36 mois (total payé 16 128 €), puis option d’achat à 17 412 €. Total LOA si rachat : 33 540 €.
La vidéo ajoute une comparaison parlante : à 3 ans, la valeur “réelle” serait autour de 16 000 € dans l’exemple, ce qui rend l’option au-dessus du marché.
Les “frais de restitution” : la seconde surprise
Autre point souvent sous-estimé : si la voiture est rendue, des frais peuvent tomber (rayures, impacts, jantes, etc.). Dans l’exemple cité, des montants sont évoqués (ex. 150 €, 300 €, 1 500 € selon le dommage) et une facture finale courante pouvant aller de 500 à 2 000 € selon les cas.
Enfin, la vidéo indique qu’une majorité de clients en LOA ne lèvent pas l’option et repartent sur une nouvelle LOA : l’auto devient un abonnement.
4) Crédit classique : souvent gagnant… parce que la revente change tout
Le crédit “fait peur” à cause d’un chiffre : la mensualité. Mais la vidéo rappelle que la mensualité peut être élevée tout en donnant un coût final inférieur, car la voiture peut être revendue.
Exemple cité (Clio 5 hybride 26 000 €) : crédit sur 36 mois, mensualité 802 €, revente au bout de 3 ans estimée à 16 000 €. Le coût réel est présenté comme “total payé – revente”, avec le calcul donné : 28 800 – 16 000 = 12 800 €.
Idée à retenir : si la revente est correctement anticipée, un financement qui paraît “cher” peut devenir compétitif — à condition de comparer proprement.
5) L’astuce “ultime” : acheter une voiture de 3 ans (thermique) pour éviter la grosse décote
Le conseil le plus actionnable de la vidéo (pour une voiture thermique) : acheter une voiture d’environ 3 ans pour éviter la période où la décote est la plus violente.
Une règle simple de décote est donnée :
- ~20% la 1re année
- ~15% la 2e
- ~10% la 3e
Soit environ 40 à 45% de perte après 3 ans (ordre de grandeur).
Exemple cité : neuve à 26 000 €, puis à 3 ans autour de 17 000 €. Crédit sur 36 mois : mensualité 523 €, total 18 828 €. Conservation jusqu’aux 6 ans avec une valeur estimée autour de 11 000 € (pour 60 000 km). Coût réel présenté : 18 828 – 11 000 = 7 828 €, soit 217 €/mois. La vidéo compare ensuite à la LLD à 376 €/mois et annonce une économie de 5 724 € sur l’exemple.
6) Deux exceptions importantes évoquées
Exception 1 : création d’entreprise
La vidéo explique que certaines banques privilégient LOA/LLD pour les entrepreneurs en création, car la récupération du véhicule est plus simple en cas de difficulté (carte grise au nom du financeur).
Exception 2 : les voitures électriques
La vidéo insiste sur un point : l’électrique ne se compare pas forcément au thermique, car la décote peut être beaucoup plus rapide (progrès technologiques, marché de l’occasion, etc.). Dans cette logique, la LLD est présentée comme pertinente en neuf, car la valeur résiduelle fixée par le constructeur peut être “trop optimiste” et l’écart jouer en faveur du locataire.
Règle donnée dans la vidéo :
- Électrique neuve : LLD
- Électrique d’occasion : crédit
- Et éviter la LOA sur l’électrique, car l’option d’achat aurait rarement un intérêt dans la logique présentée.
7) La méthode simple pour comparer chez soi (et éviter les mauvaises surprises)
Pour éviter de te faire “attraper” par une mensualité séduisante, compare en coût final :
- Crédit / achat : coût réel ≈ total payé – prix de revente estimé
- LLD : coût réel ≈ loyers + frais éventuels de restitution
- LOA : coût réel ≈ loyers + option d’achat (si rachat) + frais éventuels
Ensuite, ramène tout en “€/mois” sur la durée réellement prévue (36, 48, 60 mois), à kilométrage comparable. C’est souvent là que les écarts deviennent évidents.
Conclusion
Ce qui ressort de la démonstration de Dougs, c’est qu’une grande partie des économies possibles vient d’un simple changement de réflexe : arrêter de raisonner en mensualité et comparer en coût final.
Pour une voiture thermique, l’astuce “facile” mise en avant est d’acheter autour de 3 ans afin d’éviter la grosse décote. Pour l’électrique, la logique proposée est différente : LLD en neuf et crédit en occasion, en évitant la LOA.
Pour ma part, les 2 derniers achats de véhicules remontent à 2003 pour ma voiture thermique (modèle d’exposition, toujours fonctionnelle), et 2023, pour une voiture électrique qui avait 5 ans… et dont personne ne voulait à cause de sa faible autonomie (ce qui ne m’a jamais posé problème, je ne pars pas en vacances avec, et je n’achète pas une voiture pour moins d’1% de mes trajets)
Note : cet article reprend les exemples et ordres de grandeur cités dans la vidéo. Chaque situation dépend du modèle, du kilométrage, de l’assurance, des conditions de contrat et du marché de l’occasion au moment de la revente.
