Quand je décide d’investir pour moi ou pour le compte-titres de mon fils, je n’achète pas sur un coup de tête. J’applique une méthode simple, avec seulement trois critères fondamentaux. L’objectif : éliminer les entreprises trop chères ou fragiles financièrement, et ne garder que celles qui présentent un profil rassurant pour un investisseur prudent.
Pourquoi ces critères ?
En tant que père de famille, je n’ai ni le temps ni l’envie de passer des heures à analyser des bilans comptables. Mais je refuse aussi d’acheter à l’aveugle. Ces trois ratios me permettent de filtrer rapidement les actions qui méritent mon attention.
1. Le ratio cours/bénéfice (P/E) inférieur à 25
Le P/E (Price to Earnings), ou C/B en français, mesure combien les investisseurs sont prêts à payer pour chaque euro de bénéfice. Un P/E de 25 signifie qu’on paie 25 fois les bénéfices annuels.
Au-delà de 25, je considère que l’action est trop chère par rapport à ce que l’entreprise gagne réellement. Ce seuil me protège des valeurs “à la mode” surévaluées qui risquent de corriger brutalement.
2. Une marge nette supérieure à 5%
La marge nette représente le pourcentage du chiffre d’affaires qui se transforme en bénéfice net. Une entreprise avec une marge nette supérieure à 5% démontre qu’elle maîtrise ses coûts et qu’elle dispose d’un avantage compétitif.
C’est un critère de qualité : je veux investir dans des entreprises rentables, pas dans celles qui peinent à dégager des profits.
3. Un ratio prix/free cash-flow inférieur à 15
Le free cash-flow (flux de trésorerie disponible), c’est l’argent réel que génère l’entreprise après avoir payé ses investissements. Contrairement au bénéfice comptable, il est difficile à manipuler.
Un ratio prix/FCF inférieur à 15 me garantit que je paie un prix raisonnable pour une entreprise qui génère du cash. C’est souvent le critère le plus révélateur de la vraie santé financière.
Mon outil : un screener à la demande
Pour appliquer ces critères, j’utilise Signal Screener, une application française qui filtre automatiquement les actions selon mes paramètres. L’abonnement coûte 1€ par semaine, mais je ne l’active que lorsque j’envisage réellement un achat — quelques semaines par an tout au plus.

Actuellement, avec ces trois critères, le screener identifie 17 actions éligibles parmi celles que je suis. Parmi les mieux notées : PayPal et Pfizer remplissent 100% des critères, tandis que McDonald’s, Abbott Laboratories et Dominion Energy en remplissent deux sur trois.
Mon achat du jour : PayPal
En rédigeant cet article, j’ai justement passé à l’action. PayPal coche mes trois critères à 100% et le titre me semble sous-valorisé par rapport à son potentiel. J’ai donc acheté quelques actions PYPL ce matin sur mon compte-titres.
C’est exactement comme ça que j’utilise ce screener : je l’active quand j’ai des liquidités à investir, je regarde quelles actions de ma watchlist passent tous mes filtres, et je creuse celles qui m’intéressent avant de passer à l’achat. Pas de trading frénétique, juste des achats réfléchis quelques fois par an.
Creuser une action : les ratios détaillés
Quand une action passe mes trois filtres, je peux approfondir l’analyse directement dans l’application. Signal Screener affiche une fiche complète avec tous les ratios de valorisation et de rentabilité.
Cette vue me permet de vérifier rapidement d’autres indicateurs importants : le ratio prix/ventes, le ROIC (retour sur capital investi), ou encore le P/B (prix sur valeur comptable). Sans avoir besoin de jongler entre plusieurs sites financiers.
L’analyse IA des rapports officiels
C’est la fonctionnalité qui m’a convaincu d’utiliser cette application : Signal Screener intègre une analyse par intelligence artificielle des documents officiels déposés auprès de la SEC (le gendarme boursier américain).
Quand une entreprise publie un rapport (8-K pour les événements importants, 10-K pour le rapport annuel), l’application le traduit automatiquement en français et en extrait les informations essentielles : acquisitions, émissions de dette, changements de direction, risques identifiés.
Dans l’exemple ci-dessus, l’IA m’informe en quelques secondes que Constellation Energy vient d’acquérir Calpine Corporation, et que cette opération s’accompagne d’une dette de 5 milliards de dollars. Ce type d’information, normalement enfouie dans des documents de dizaines de pages en anglais juridique, devient accessible en un coup d’œil.
Pour un investisseur particulier qui n’a pas le temps d’éplucher les filings SEC, c’est un gain de temps considérable.

Ce que ces critères ne disent pas
Ces filtres sont un point de départ, pas une garantie. Ils ne prennent pas en compte le secteur d’activité, les perspectives de croissance, ni le dividende. Une action qui passe ces trois tests mérite mon attention, mais je vérifie toujours quelques éléments supplémentaires avant d’acheter : l’historique du dividende, la dette, et si l’entreprise opère dans un secteur que je comprends.
Pourquoi un compte-titres pour le S&P 500 ?
Ces critères s’appliquent à mon compte-titres ordinaire et au compte-titres de mon fils, pas à mon PEA. La raison est simple : les actions du S&P 500 ne sont pas éligibles au PEA. Ce dernier est réservé aux actions européennes.
Or, les entreprises américaines du S&P 500 présentent plusieurs avantages pour un investisseur “bon père de famille” : une liquidité importante, des standards de reporting stricts (les fameux documents SEC), et souvent une culture du dividende bien établie.
Le compte-titres permet d’accéder à ces entreprises mondiales, au prix d’une fiscalité moins avantageuse (flat tax de 30% contre 17,2% pour le PEA après 5 ans). Mais pour diversifier géographiquement un patrimoine familial, c’est un outil indispensable.
Pour le compte-titres mineur, c’est aussi l’occasion de construire progressivement un portefeuille diversifié qui sera transmis à mon fils à sa majorité, avec des entreprises solides qu’il pourra choisir de conserver ou non.
Tester mes critères
Si vous souhaitez essayer cette approche, vous pouvez accéder directement à ma configuration “Bon père de famille” via ce lien : signalscreener.fr/s/uL3B32PE9At0
Ces critères correspondent à ma stratégie personnelle d’investisseur particulier. Ils ne constituent pas un conseil financier. Chaque investisseur doit définir ses propres critères en fonction de sa situation et de ses objectifs.
