Dans l’univers des assurances, les slogans marketing sont souvent aussi accrocheurs que trompeurs. « Zéro tracas, zéro blabla » (70% de taux de redistribution en 2023 pour MMA) ou encore « L’assureur militant » (seulement 66% de taux de redistribution pour la MAIF selon leurs propres documents – transmis uniquement APRES souscription – en 2024) sont des promesses qui résonnent dans l’esprit du consommateur, lui laissant croire qu’il bénéficiera d’un service efficace, accessible et avantageux. Pourtant, lorsque l’on analyse les taux de redistribution et les pratiques de ces assureurs, la réalité est bien différente.
Qu’est-ce que le taux de redistribution en assurance ?
Le taux de redistribution d’une assurance représente la part des cotisations reversée sous forme d’indemnisations aux assurés. Plus ce taux est élevé, plus l’assureur restitue à ses clients. Inversement, plus ce taux est bas, plus l’assureur conserve une part importante des primes perçues pour ses frais de gestion, ses réserves ou ses profits.
Certains acteurs du marché affichent un taux de redistribution inférieur à 50 %, ce qui signifie que moins de la moitié des primes encaissées sont effectivement reversées sous forme d’indemnisation. À titre de comparaison, la Sécurité sociale a un taux de redistribution bien supérieur à 90 %.
Les rois du marketing, champions de la rétention d’argent
Les assureurs les plus visibles en publicité ne sont pas nécessairement les plus redistributifs. Ceux qui promettent la simplicité, la rapidité et l’efficacité se révèlent souvent champions dans l’art de minimiser leurs indemnisations.
Par exemple, les contrats regorgent de clauses d’exclusion et de subtilités rédactionnelles qui permettent de refuser un remboursement là où l’assuré pensait être couvert. Une tempête non qualifiée comme catastrophe naturelle par l’État, une panne considérée comme de l’usure normale, un vol où la serrure n’a pas été forcée… Autant de cas où l’assureur trouve une façon d’éviter de payer. Lorsqu’un assureur se dédouane trop facilement sur l’usure ou la vétusté, il est essentiel d’insister pour obtenir une expertise afin d’évaluer objectivement l’étendue des dommages.
Pourquoi les assureurs redistribuent-ils si peu ?
Derrière ces pratiques, il y a des raisons économiques et stratégiques :
- Maximisation des profits : Une faible redistribution signifie plus de bénéfices pour l’entreprise et ses actionnaires.
- Primes attractives : Un assureur qui réduit ses indemnisations peut proposer des prix plus bas en apparence, attirant plus de clients.
- Complexité des indemnisations : Plus un assureur dresse d’obstacles, moins de clients réclament leur indemnisation.
- Fonds de réserve et placements financiers : Les primes non redistribuées sont souvent placées sur les marchés financiers, générant des revenus supplémentaires.
Les assurances sont-elles devenues des banques ?
De plus en plus, les assureurs adoptent les pratiques des banques :
- Complexification volontaire des communications : Il est souvent difficile d’obtenir une réponse claire à une simple question, les clients se retrouvant ballottés entre différents services.
- Upselling permanent : Au lieu de se concentrer sur la qualité de service, nombre d’assureurs cherchent constamment à vendre des garanties additionnelles ou des services annexes.
- Investissements massifs en placements financiers : Comme les banques, les assurances gèrent énormément de capitaux et détournent une partie des cotisations pour des activités financières, au lieu de les redistribuer aux assurés.
Comment éviter les mauvais choix d’assurance ?
Face à ces pratiques, il est essentiel d’adopter une approche prudente lors du choix d’un contrat :
- Comparer les taux de redistribution : Certains assureurs communiquent cette donnée, d’autres non. C’est pourtant L’INFORMATION à connaître en priorité, pour savoir si le prestataire répond principalement à ses propres intérêts (en dessous de 70%, clairement). En règle générale, ceux qui ne le fournissent pas sont souvent ceux qui redistribuent le moins. Il est possible d’estimer cette information en consultant leurs rapports annuels.
- Lire les conditions générales en détail : Les exclusions et franchises sont les pièges les plus courants. Il est recommandé de soumettre ces conditions générales à un outil tel que ChatGPT en lui demandant si le dommage subi est bien couvert.
- Privilégier les assureurs mutualistes : Certains mutuelles et assurances coopératives ont des taux de redistribution plus élevés car elles ne sont pas axées sur le profit. Malheureusement certaines assurances mutualistes sont encore pire que celles qui ne les sont pas (ex: MAIF)
- Faire attention aux avis clients (du courtier en particulier) : Ils donnent une idée précise de la satisfaction des assurés face aux indemnisations.
- Utiliser l’IA ou d’autres outils pour contester un refus : Lorsqu’un assureur refuse une indemnisation de manière manifestement abusive, soumettre le cas à ChatGPT ou un autre outil similaire pour obtenir une réponse argumentée permet de ne pas perdre ses nerfs et d’adresser une contestation solide.
Conclusion : Méfiez-vous des promesses publicitaires
Loin des discours rassurants, le monde de l’assurance est souvent une jungle où les plus habiles en communication sont parfois les moins redistributifs. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut prendre le temps de comparer, lire entre les lignes et se poser la question essentielle : « Cet assureur est-il vraiment là pour m’aider, ou seulement pour encaisser mes cotisations ? »